Espagne et Catalogne : les menaces augmentent sur la Catalogne

Dessin très limpide de la situation en Espagne publié par eldiario.es (un média non indépendantiste) et repris en France par Médiapart, Rajoy (derrière lui se tient Soraya Sáenz de Santamaría, sa vice-présidente devenue, suite au coup de force du 155, présidente de la Catalogne) : C’est vrai : vous n’avez pas de maison, vous n’avez pas un salaire compétitif, vous n’avez ni beaucoup de droits ni beaucoup de libertés…Vous n’avez pas un système de santé ni un système éducatif terribles… Il est très possible que vous n’ayez pas de retraites…mais…mais…il y a une chose que vous avez pour de bon : vous avez la Catalogne ! Elle est à vous et ils veulent vous l’enlever ! Allons-nous l’accepter ?! Non ! Vous avez … la Catalogne !La foule galvanisée : allons les défoncer … allons les défoncer …

Article publié dans La Semaine du Roussillon le 21 février 2018.

Les jours passent et la pression exercée par le gouvernement central sur la Catalogne se fait plus forte. Il est vrai que dans le même temps, le gouvernement et le Partido popular (PP) est de plus en plus mis à mal par les témoignages de sa corruption lors du procès en cours de la communauté de Valencia. Plusieurs cadres du parti ont confirmé, chacun leur tour, l’utilisation de la caisse noire du Partido Popular, la caja B, pour financer les campagnes électorales de 2004 et 2011. « Il est certain que le PP se finançait avec de l’argent sale » a indiqué lors de l’audience Ricardo Costa, le secrétaire général du PP à la communauté de Valencia. Une affirmation confirmée mardi dernier par Luis Barcenas, ex-trésorier du parti et ami de Mariano Rajoy. Interrogé par vidéo conférence par la commission parlementaire d’investigation sur la corruption, Francisco Correa assure que « Rajoy donnait le OK » aux opérations de financement des campagnes électorales. La semaine dernière encore, Francisco Granados, ex-conseiller de la président de la communauté de Madrid, mouillait l’actuelle présidente de cette communauté, Cristina Cifuentes (PP) dans l’attribution de marchés publics truqués. Par ailleurs, le PP et le parti de l’ex pro-phalangiste Rivera, Ciutadanos, se sont alliés pour empêcher la création d’une officine anti corruption dans la Région de Murcia, l’une des plus affectées en Espagne par la fraude sur l’argent public.

En parallèle, la dette de l’Etat atteignait un montant record, TheEconomist Intelligence Unit commençait à tirer la sonnette d’alarme en dégradant l’indice de démocratie espagnole, à peine considérée encore comme une « démocratie pleine », et Amnesty International demandait la libération des deux Jordis. L’ex-président du tribunal catalan José Maria Mena qui n’est pas indépendantiste, affirme « pour moi, Junqueras, Forn, Sànchez y Cuixart, sont des prisonniers politique ». « Il n’y pas trace dans leur dossier des délits de violence et de rébellion, assure t-il. Nous sommes dans un moment d’inquiétant manque de tolérance avec les dissidents du mouvement indépendantiste, le mouvement indépendantiste est parfaitement légal et non attaquable juridiquement ».

Malgré cela, les menaces sur les Catalans, leurs élus, leur administrations, leurs écoles, se font toujours de plus en plus fortes. Un étranglement du peuple catalan qui se poursuit dans un stupéfiant silence européenne.

Rajoy ne respecte pas la Constitution espagnole

La raison essentielle de l’arrestation et du maintien en prison de présidente d’associations catalanes et d’élus et leur maintien en prison tiendrait dans le non respect de la Constitution de 1978.

Cette constitution précise entre autre dans son article 134.3 que « le gouvernement doit présenter les budgets généraux de l’Etat devant le Congrès au moins trois mois avant l’expiration de ceux de l’année précédente ».

Une article de la Constitution que Mariano Rajoy a décidé de ne pas suivre, préférant ne pas se soumettre à débat et prolonger les budgets 2017, en évitant une défaite parlementaire certaine. Cette démarche hors constitution se prolongera jusqu’à la fin de la législature, soit encore deux ans, a par ailleurs indiqué le gouvernement.
Il n’y aura donc pas, comme cela se pratique, tous les ans dans les pays démocratiques, de discussions sur le budget de l’Etat espagnol.

La parti au pouvoir avait déjà été recadré par le tribunal constitutionnel pour avoir voter un budget de l’armement hors du budget général, une décision confirmée en juillet 2016 par cette haute juridiction qui a estimé que ces décrets étaient anti-constitutionnels. Sans effet sur la marche du gouvernement. Rajoy ne respecte pas la constitution, mais n’est pas Catalan. Peu de chance donc au vu du fonctionnement actuel du pays voisin, qu’il passe par la case prison. Pour l’instant.

Par Antoine Gasquez.

 

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