3 éléments de réflexion autour de la question catalane : 2. L’Union européenne et ses dirigeants doivent rendre des comptes

Juncker-Europe

Intervention de Patrick Farbiaz lors du meeting pour la libération des prisonniers politiques catalans du POID, le 1er mars 2018, à la Bellevilloise (Paris). Lire le premier volet ici.

L’Union européenne, prompte à soutenir les dissidents du Venezuela ou de Russie, a désormais ses propres prisonniers politiques. Et ils sont de Catalogne. Les dirigeants européens apportent un soutien sans faille à Rajoy et à ses méthodes. « Les autorités catalanes ne devraient pas sous-estimer le large soutien de Rajoy dans toute l’Europe », a dit Jean-Claude Juncker dans un entretien à El País en novembre dernier Et d’ajouter, sans une seule mention à l’incarcération de dix responsables politiques catalans : « Rajoy a, c’est vrai, une approche très légaliste. Devrait-on le blâmer pour cela ? Je ne le ferai pas, moi. En ce qui concerne les interventions policières, je ne peux rien dire, je ne sais pas comment les événements se sont déroulés. » Des prisonniers politiques dans l’Union européenne en 2017 : le président de la Commission européenne ne savait pas. Huit ex-ministres catalans emprisonnés en Espagne par le régime Rajoy ; l’ex-président de la Généralité,  Carles Puigdemont et quatre autres ex-ministres, arrêtés puis libérés mais sous stricte surveillance en Belgique. Le pdt de la Ce ne savait pas. Au cœur de l’Union européenne, il y a des prisonniers politiques et ses dirigeants ne le savent pas. Ces donneurs de leçons au monde entier légitiment la montée d’Etats autoritaires en son sein, de l’Espagne à la Hongrie de Orban, contrevenant à tous leurs engagements.  La crise grecque avait mis en évidence le caractère austéritaire et intraitable de l’UE sous influence de la finance et de l’Allemagne, dans le domaine financier avec les effroyables conséquences sociales ; la crise migratoire avait montré l’enfermement de l’UE dans une sorte de forteresse contrevenant à ses propres principes de libre circulation des personnes. La crise catalane, elle, révèle, au travers de réactions brutales notamment de la direction espagnole, une vulnérabilité et une fragilité de l’Europe, qui a peur de toute remise en cause d’un de ses gouvernements. L’Europe porte une lourde responsabilité dans la crise catalane., voici des décennies que l’on promeut un modèle de civilisation fondé sur l’intégration à un grand marché européen et mondial, sans réelle obligation de solidarité, et dans la destruction des acquis du mouvement ouvrier. Il y a quelques jours des dizaines de milliers de retraités ont défilé dans toute l’Espagne de Barcelone à Madrid contre la baisse de leurs pensions, assiégeant pendant plusieurs heures le Parlement espagnol. 

 

Par Patrick Farbiaz, activiste, membre du Collectif de Solidarité avec le Peuple Catalan et du CDR Paris

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