Dérive franquiste ? : l’Espagne suit la ligne néo-franquiste d’élimination des républicains catalans

Mausolée de Franco en Espagne

Article publié dans La Semaine du Roussillon le 23 mars 2018

S’il fallait peut-être encore une preuve du retour au fascisme de l’Espagne, le juge Llarena l’a peut-être donné aujourd’hui. Le juge a demandé la prison provisoire pour le candidat à la présidence de la Generalitat, Jordi Turull, pour Carme Forcadell, Raul Romeva, Josep Rull, Dolors Bassa et Marta Rovira. Ces personnalités politiques sont convoquées cet après-midi devant le tribunal pour savoir s’ils vont devoir ou non intégrer dès ce soir la prison. La dernière nommée, Marta Rovira, responsable de la Gauche Républicaine Catalane (ERC), mère d’une petite fille, a choisi de s’exiler.

Turull comme Rull, Romeva i Bassa sont poursuivis pour « crimes de rébellion et de détournement de fonds », Forcadell pour « crime de rébellion ».

Ces indépendantistes catalans, tous pacifistes reconnues, pourraient donc rejoindre en prison les quatre prisonniers politiques déjà incarcérés depuis le mois d’octobre, en prison préventive pour « sédition ».

A ce qu’une partie des Catalans et Espagnols – y compris des non indépendantistes – appellent « prisonniers politiques », il faut rajouter le nom de huit personnalités politiques avec Marta Rovira et sa fille, contraintes à l’exil.

On notera, que ces hommes et ses femmes sont en prison provisoire puisque pas pas encore condamnés et que le gendre du roi, Inaki Urdangarin, condamné lui à 6 ans de prison ferme pour détournement de fonds, est toujours en liberté.

Des associations de juges et d’avocat espagnols – dont nombre de non-indépendantistes catalans encore une fois – se sont exprimés publiquement pour indiquer que les motifs de rébellion et de sédition retenus contre les républicains catalans n’existaient pas et pour dénoncer les liens entre la justice et les tribunaux espagnols et le pouvoir.

Dans un pays présenté comme un des plus corrompus d’Europe et qui cultive et soigne encore un mausolée au dictateur Francisco Franco, on ne trouvera rien d’étonnant à cette évolution.

En début d’année 2018, un influent centre de réflexion britannique. « The Economist Intelligence Unit » (EIU), avait rétrogradé l’Espagne dans le classement des pays démocratiques. La note du pays au classement EIU, était passée de 8,30 à 8,08. L’Espagne restait alors de justesse dans la catégorie des « démocraties pleines », mais elle pourrait rejoindre les « démocraties imprfaits ». Au vu de la répression à laquelle sont soumise en Catalogne depuis le début de l’année, les personnalités politique ne pensant pas comme le pouvoir central, il est possible de considérer que l’Espagne n’est plus une démocratie.

Dans quel pays imagine t-on organiser des élections, comme en Espagne le 21 décembre dernier, et faire en sorte que le résultat des urnes ne soit pas respecté ?

Imagine t-on en France, enfermer en prison les indépendantistes corses, bretons. Ou kanaks qui pourront eux se prononcer en fin d’année sur leur indépendance ? Imagine t-on les Anglais mettant en prison les indépendantistes écossais ? Eh bien en Espagne cela se fait au grand jour, avec l’appui des médias qui n’ont plus rien d’objectif concernant la Catalogne.

La question à venir est désormais de savoir quand l’Europe se décidera à sortir de l’Union Cette Espagne ?

Par Antoine Gasquez

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