[Amnistie et Liberté pour les prisonniers politiques catalans- C19#8]

Billet hebdomadaire de Marie Lefevre-Fonollosa publié le 8 mai 2020
Veille toulousaine pour la Libération des Prisonniers politiques catalans

 

Chers amis démocrates,

Vous le savez, le support aux prisonniers politique catalans n’a jamais faibli malgré le confinement.

Avec le déconfinement parcimonieux qui s’applique maintenant dans toute l’Espagne, une vingtaine de personnes ont profité de leur première et courte autorisation de sortie pour aller devant la prison des Lledoners où sont emprisonnés 7 des leaders catalans et ont fait entendre leur voix.

L’ancien président de l’ANC, Jordi Sànchez, a assuré qu’il les avait entendus de l’intérieur de la prison. « Merci de ne pas nous avoir oublié ! L’engagement collectif en faveur d’un pays libre et juste nous fera surmonter la répression et l’adversité », a-t-il écrit.

La pandémie de coronavirus n’a absolument pas empêché la répression des indépendantistes, mais elle est passée au second plan derrière le flot ininterrompu d’informations concernant le COVID-19.

L’arrivée du PSOE dans le gouvernement espagnol a eu pour effet de changer le procureur général. Exit la sinistre Consuelo Madrigal qui vient d’ailleurs, dans la plus totale impunité, d’accuser le gouvernement de Pedro Sánchez de promouvoir un état d’urgence secret, épousant ainsi les thèses de l’extrême droite espagnole. Mais les 2 procureurs successif de P. Sanchez, que ce soit María José Segarra, nommée en juin 2018 ou Dolores Delgado, nommée en février 2020 , n’ont pas changé la ligne dure du parquet contre les indépendantistes.

L’exemple le plus concret est illustré par le recours déposé par le Parquet contre la décision pourtant parfaitement légale de sortie provisoire de prison de Jordi Sànchez. Notez que le procureur est allé beaucoup plus loin que l’argument classique de sédition ou de crainte de fuite ;  l’Appel est directement fondé sur la nécessité de rééduquer le détenu et dit clairement que sa peine doit servir à intimider la société catalane.

Ce concept de rééducation a déjà été utilisé contre Jordi Cuixart (président de l’association civile OMNIUM), mais c’est la première fois que la justice espagnole reconnaît que les sanctions contre les dirigeants séparatistes catalans doivent servir de  leçon à la société catalane pour l’empêcher de refaire un référendum. Comme le rappelle Père Marti journaliste à Villaweb : « dans un État démocratique, la prison sert à réintégrer le détenu, mais en Espagne, dans le cas du mouvement indépendantiste, elle doit servir à lui faire changer d’avis et comme leçon pour les catalans. Les catalans ont depuis le début dénoncé que la volonté de la justice espagnole n’est pas de faire justice, mais de se venger. Mais la gauche espagnole les a laissés seul avec cette dénonciation, et ceci bien que les principales organisations internationales des droits de l’homme l’aient approuvée ».

Une chose est indéniable, c’est qu’avec le gouvernement PSOE, la situation des détenus ne s’est pas améliorée par rapport à l’époque où le PP était au pouvoir ; le changement de procureur général n’a pas entraîné de changement dans ce ministère (que Pedro Sanchez disait contrôler) mais qui reste infecté par le virus du totalitarisme.

Une des grandes figures du totalitarisme impuni en Espagne est bien celle Antonio González Pacheco surnommé « Billy the Kid », tortionnaire reconnu de l’Etat franquiste, médaillé et pourvu de pensions qui l’ont mis, à vie, à l’écart du besoin ; il vient d’être emporté par le COVID-19. Dans un bel exercice de contrition publique, Pablo Iglesias (Vice 1e ministre en exercice et leader de Podemos), a présenté ses excuses aux citoyens pour l’avoir laissé mourir avec tous les honneurs. Du côté des socialistes, le Ministre de l’intérieur Grande-Marlaska, lui-même reconnu pour avoir ordonné des tortures contre des militants de l’ETA, a laissé entendre qu’il y avait bien une action en justice pour retirer les honneurs à Gonzales Pacheco, mais que le COVID-avait été le plus rapide. Rappelez-moi combien d’années le PSOE a gouverné l’Espagne depuis la mort de Franco ?

Petite lucarne d’espoir du côté de la Cour de Justice de l’UE, qui vient de publier son bilan de 2019 dans lequel se trouve citée la sentence ( non respecté par l’Espagne) exigeant la libération d’Oriol Junqueras.

Le président de la CJUE, Koen Lenaerts, reconnaît des difficultés pour faire respecter la démocratie et l’État de Droit au sein de l’UE. Il cite les cas comme celui d’O. Junqueras et les met au même niveau de priorité que le Brexit, le changement climatique et la crise migratoire

Le déconfinement en interdisant des groupements de plus de 10 personnes, ne nous permet pas de reprendre encore le rythme des rassemblements du vendredi soir au Capitole. La priorité pour tous est de respecter les consignes de confinement afin d’enrayer au plus vite cette grave épidémie.

Toulouse, le 8 Mai 2020

 

Marie Lefevre-Fonollosa

Veille toulousaine pour la Libération des Prisonniers politiques catalans

 

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